Présents : Guy Rosa, Agnès Spiquel,
Arnaud Laster, Jacques Seebacher, Jean-Marc Hovasse, Stéphane Desvignes, Myriam
Roman, Jacques Cassier, Marguerite Delavalse, Sandrine Raffin, Yvette Parent,
Mireille Gamel, Loïc Le Dauphin, Franck Laurent, Vincent Wallez, Florence Naugrette,
Brigitte Buffard-Moret, Denis Sellem, Junia Barreto, Josette Acher, Mireille Gamel,
Marieke Stein, Vincent Laisney, Denis Pernot, Roushka Haglund.
A. Laster excuse également Michaël Ferrier, qui n'a pas pu venir annoncer la première réunion de la Société japonaise des études hugoliennes, à Tokyo.
La nouvelle sur la « dame de fer » évoquée par Y. Parent lors de la précédente séance et intitulée La Squaw, publiée dans un recueil sous le titre LInvité de Dracula en 10/18, 1992-, imputée à tort à Edgar Poe, est luvre de Bram Stocker.
G. Rosa annonce la publication des actes du colloque « Hugo 2003-1802 Images et transfigurations » organisé par le Collège de sociocritique de Montréal, chez Fidès, Montréal, 2003.
Une premières ébauche de publication électronique des Fragments a été mise en place sur le site du Groupe Hugo ; elle est accessible par la page de titre, puis par la rubrique « textes, documents... » ; cela marche sauf lorsque la requête engendre une réponse trop lourde (mais on soccupe de corriger)[NDLRGR. C'est fait.].
J. Seebacher annonce le colloque (sans rapport direct avec Hugo) consacré à lhistoire culturelle de la presse française au XIX° siècle, à Montpellier. Les organisateurs du colloque, Marie-Eve Thérenty et Alain Vaillant, ont déjà publié un bon livre sur la Presse de Girardin, (1836, LAn un de lère médiatique.
S. Raffin appelle à quelque geste de piété sur la tombe de Mme de Girardin, au cimetière Montmartre, complètement oubliée et décrépite.
A. Spiquel demande dans quel texte Hugo donne létymologie de la Sorbonne « soror bona ». Un collègue, qui recherche cette référence, ne la pas trouvée dans Frantext. G. Rosa attire lattention des hugoliens sur la bizarrerie de Frantext : si lon veut une réponse différente de 0 (qui surprend lorsquon interroge, par exemple, sur Napoléon) il ne faut pas mettre de majuscule aux mots recherchés, même lorsquil sagit de noms propres. LInalf, ajoute-t-il, a considérablement accru sa base de textes de Hugo à loccasion du bicentenaire, la faisant passer dune vingtaine à plus de 60 ; mais ils nont pas été confiés à la BNF pour Gallica, où lon ne peut toujours consulter que les vingt textes davant 2002.
J-M. Hovasse, pour répondre à la question dA. Spiquel, dit avoir lu cette étymologie dans une anecdote rapportée par Berret (édition de La Légende des siècles), dans une note racontant une conversation de Hugo et des Goncourt. G. Rosa pense que cette étymologie se trouve dans un grand texte de Hugo, peut-être Paris. (En effet : « école [ ] que le pape Léon III qualifie Soror bona (Sorbonne, nen déplaise à Robert Sorbon.)», Laffont, « Politique », p. 8. NDLRMS).
L. Le Dauphin annonce des représentations de Torquemada, par la compagnie de collégiens « Les Petites tréteaux », du 28 mai au 19 juin ; les représentations auront lieu, entre autres, au Plessis-Robinson, Loches, Rivières et en plusieurs endroits de Paris, dont lécole Guéménée, à côté de la Maison de Victor Hugo (le 17 juin).
A. Laster signale que lon pourra voir le Torquemada de Jean-Pierre Loche le 14 juin à Bougival, dans le cadre dune après-midi où M. Zviguilsky présentera les actes du colloque « Victor Hugo, Tourgueniev et les droits de lhomme », fera visiter le Musée Tourgueniev et présentera le rarissime « Gavroche » soviétique.
Après la naissance de Victor, Sylvie Vielledent continue de nourrir cette rubrique : elle vient dêtre élue Maître de conférence à lUniversité de Nancy II ce qui mérite toutes nos félicitations, envieuses de cette implantation si hugolienne.
J. Acher :A propos de la vérité morale et de la vérité littéraire, dès 1820 Hugo écrit dans le Conservateur littéraire : « Peu mimporte la vérité historique, pourvu que la vérité morale soit observée. »
A. Laster, soupçonneux, discerne chez Vincent Laisney une grande admiration pour Goethe, et une admiration moindre pour Hugo : il utilise des termes péjoratifs pour désigner son attitude envers Goethe : « mensonge par omission », « animosité » Cest répondre à la place de Goethe, qui sen est bien chargé lui-même !
V. Laisney, battant en retraite, confesse quil a un peu forcé le trait, tordant le bâton en sens inverse (Lénine) pour faire mieux comprendre la note 11
F. Naugrette : Cette note pose une question fondamentale, qui est celle de lutilité de lhistoire au théâtre. Elle propose donc un déplacement de la réflexion : non plus quels sont et doivent être les caractères objectifs des oeuvres, mais à quoi sert lhistoire pour le public ? Ce peut être, dans la plus pure tradition classique, à trouver dans le passé des modèles de mérite et de vertu, des exempla, permettant au public de sélever moralement ou, comme cétait le cas dans le théâtre des périodes révolutionnaire et impériale, de juger les événements et les hommes de lHistoire. On peut aussi demander au théâtre denseigner lhistoire et cest ce quentreprend Dumas dans ses romans mais aussi dans ses drames et cet enseignement populaire est la vocation du « Théâtre historique » quil fonde à grands frais en 1847. Dans le même esprit, mais avec une destination sociale différente, les « scènes historiques ». La représentation théâtrale de lhistoire peut également être destinée à représenter les grands personnages de lhistoire de manière à en montrer le rôle et, plus souvent, à en défaire le mythe : cest aussi ce que fait Dumas, et, dune autre manière, Hugo, avec Marie Tudor par exemple ou le Richelieu de Marion de Lorme. Lhistoire enfin peut être montrée au théâtre pour éclairer le public sur son présent par la compréhension de son passé - comment survient une révolution ? quest-ce quun souverain ?, etc.-, et poser ainsi les questions de philosophie de lhistoire
G. Rosa : Ces différentes utilités se cumulent plus quelles ne sexcluent et sont souvent invoquées ensemble, non seulement dans la doctrine du théâtre historique mais aussi dans celle du roman historique.
F. Naugrette : ...Les questions desthétique sont dès lors subordonnées à lutilité de la représentation de lhistoire, susceptible, selon ses buts, dexiger des modes décriture spécifiques.
A. Laster (à V. Laisney ) : Vous semblez dire que Hugo sen prend à Goethe parce quil est libéral ; cest inexact : pendant lexil, il attaquera Goethe justement comme symbole du conservatisme !
V. Laisney : Goethe nest pas libéral, mais confisqué par les libéraux. Ce qui ma poussé à forcer le trait, cest la virulence des propos de Hugo contre Goethe. Les divers éloges de Goethe quil a écrits sont purement conventionnels, et un vrai problème ce cache derrière.
A. Laster :Pas si problématique que cela : Hugo naime pas Goethe et ne la jamais aimé. Il est vrai quavant que vous attiriez notre attention sur cette note, on pensait que tout commençait entre Hugo et Goethe avec lattaque, virulente, de Notre-Dame de Paris par Goethe, réputée avoir déterminé la froideur de Hugo à son endroit.
J. Seebacher. Hugo -ou son informateur- supprime ladjectif « moral » parce quen français le mot peut prêter à confusion, alors quen allemand, sittlich veut dire « relatif aux murs » et non « conforme aux bonnes murs. » Quant à lensemble de la note 11, mon interprétation diffère de celle de V. Laisney : je crois quelle est plus ironique que vindicative. Elle a peut-être pour but de titiller le grand homme pour quil réponde, tout simplement !
V. Laisney : Cest possible.
G. Rosa :Le « monde moral » ne désigne rien dautre que le « monde quil a conçu » ; Hugo, en supprimant ladjectif, évite simplement le pléonasme « monde moral quil a conçu », et ne modifie pas le sens de la phrase ; de même, passer du singulier au pluriel pour « personnage historique » ne change pas grand chose. La question que pose cette note est de savoir sil existe une poésie intrinsèque à lhistoire, que lécrivain aurait charge de capter mais non de produire.
A. Laster : Je crois pour ma part que Hugo est plus retors et se délecte de la citation de Goethe, avec laquelle il est daccord ! Il feint de sattaquer au propos de Goethe, mais ironiquement, pour taquiner les libéraux en leur disant que « leur » Goethe prend, comme lui, des libertés avec lexactitude historique ! A mon avis, Hugo aime cette citation, si bien quil la reprend, vers 1868-1869, dans un manuscrit de Torquemada, toujours avec cette référence en allemand que vous avez citée.
G. Rosa : Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne méthode de partir dune pointe dépingle, comme vous le faites avec cette note 11, car cela assimile la question à un point dérudition mineur. Or la question de lécriture de lhistoire est lobjet dun débat très vaste et très fourni durant toutes les années 20 ; elle nourrit toute la critique de la tragédie à qui est reprochée non pas son esthétique mais son incapacité à dire lhistoire ; elle nourrit aussi tout leffort de renouvellement de lépistémologie de lhistoire. La Préface de Cromwell toute entière prend position et sens dans ce débat, bien au-delà de la note 11 !
Je voudrais ajouter quen 1830 il y avait, en France, beaucoup dAllemands ; à Paris, une dizaine de journaux en langue allemande. Par là, lAllemagne était proche plus quaucun autre pays dEurope. En répondant à Goethe, Hugo ne sadresse pas à une référence prestigieuse et lointaine, mais à lun des participants à la vie intellectuelle et artistique contemporaine. Cela importe plus que de savoir comment il a pris connaissance du texte de Goethe sur lequel son attention a pu être attirée par quantité de personnes et de quantité de manières.
Surtout, je nai pas clairement compris votre propos, tant vous ménagiez, dans le souci dêtre exact, de précautions et de distinctions subtiles. Vouliez-vous dire que Hugo est plutôt daccord avec Goethe ou avec Manzoni ? Il ma semblé que, dans votre esprit, il est plutôt daccord avec Goethe, mais quil nose pas le dire à cause dune animosité personnelle envers lui et envers les libéraux (les gens du Globe) qui laffichent comme leur maître à penser. Sil en est ainsi, je dois dire mon désaccord. On ne peut pas dire que la Préface de Cromwell soppose aux thèses libérales, bien au contraire. Le drame et sa préface ont été interprétés sur le champ comme un ralliement aux positions politiques et esthétiques libérales le critique de Cromwell dans Le Globe Rémusat- dit clairement : « Nous ne serions pas étonnés, dit-il en substance, que M. Hugo pense maintenant différemment sur... ».
Dautre part, laccord avec Manzoni me semble complet. Certes, Hugo écrit quil est plus important de reproduire les murs que les faits, mais cest là la thèse historiciste libérale par excellence, qui critiquait lhistoire événementielle celle des bataille, des traités et des actes de gouvernement des « grands » et des princes. La note 11 prend clairement position dans le sens manzonien dune poésie inhérente à la réalité historique ; le paragraphe de la Préface où se situe lappel de la note 11 nest pas ambigu : «Le théâtre est un point doptique [sur la réalité de lhistoire]... Ainsi, le but de lart est presque divin : ressusciter sil fait de lhistoire, créer sil fait de la poésie. ». Cette résurrection est bien le programme de Manzoni, contre Goethe pour qui lart « crée » quel que soit son objet, historique ou non.
La note sen prend donc sérieusement à Goethe du moins à celui-là de ses écrits. Car par ailleurs, mais accessoirement, elle samuse de signaler que les libéraux du Globe devraient être plus attentifs avant de présenter Goethe en modèle : Goetz von Berlichingen remplit peut-être leur programme, mais ailleurs Goethe, pas à une contradiction près, dit tout le contraire !
F. Laurent : Si le rapport du théâtre à lhistoire est important, le rapport de lhistoire au théâtre lest tout autant jusquaux années 1850-1860. Vu les changements profonds que connaît la science historique après la Révolution, les historiens, comme Augustin Thierry, reconnaissent leur dette envers Walter Scott, par exemple, qui a intéressé le public à lhistoire. A lautre extrémité de la période, Michelet, toujours en rivalité positive ou négative avec les écrivains, a été intéressé par le projet dun théâtre historique populaire. Comment interpréter cela ? Les historiens avaient conscience que leur révolution disciplinaire impliquait une révolution des modes décriture de lhistoire, et se sont intéressés pour cette raison à la littérature, susceptible de leur apporter, dans le récit en particulier, les moyens nouveaux dont ils avaient besoin. Lentreprise, dailleurs, était politique autant quépistémologique. Ils mènent une réflexion sur la mission sociale de lhistoire, sur son rapport au public, bien conscients quelle peut et doit accélérer lévolution démocratique de la société. Les relations, certes tumultueuses mais éttroites, entre la littérature et lhistoire ne vont sinterrompre quavec le positivisme, dans le dernier tiers du siècle : lhistoire se détache alors de la littérature, malgré quelques retours en arrière plus ou moins conscients. Et il faut voir comment lInstitut sen prend au Flaubert de Salammbô.
G. Rosa : Ajoutons que le débat sur le rapport entre histoire et littérature ne se circonscrit pas au théâtre, loin de là. Il concerne autant sinon plus le roman historique où les Français prennent le parti, contraire à celui de Walter Scott, de faire figurer au premier plan les grands personnages historiques réels
Cela dit, la conduite de Hugo nest pas constante. Jusquà lexil, son oeuvre, théâtrale et romanesque, relève très largement de lhistoricisme libéral classique ; la Légende des Siècles adopte un rapport à lhistoire tout différent et, apparemment, plus proche de celui de Goethe. Et William Shakespeare, quil sagisse de lhistoricité de la littérature ou de la littérature historienne («lhistoire réelle ») ne reproduit pas la doctrine de la Préface de Cromwell.
A. Laster : Mais dès ses débuts, la presse ne cesse de reprocher à Hugo son mépris à légard de la vérité historique!
Y. Parent : Tout le XIX° siècle veut substituer au mythe des origines de nouveaux mythes C'est pourquoi tous les penseurs du XIX° siècle se penchent sur le rapport entre lhistoire et la littérature.
G. Rosa : Mais cette volonté décrire une nouvelle mythologie nest pas présente chez Hugo, du moins pas avant lexil. A la rigueur, après, avec la Légende des Siècles.
Y. Parent : Lenseignement historique de la Troisième République est pourtant fondé sur une mythologie de lhistoire !
G. Rosa : Peut-être (encore que...), mais ce nest pas le cas en 1830 ; il nest pas question alors de produire une nouvelle histoire sainte !
J. Cassier : Quinet, Ballanche veulent créer une nouvelle mythologie à lappui dune nouvelle idéologie
G. Rosa et F. Laurent : ...mais dans des oeuvres qui ne revendiquent aucune vérité historique !
J. Cassier : ...après la Révolution, qui a détruit toutes les institutions du savoir historique, les historiens sont condamnés à faire de la poésie, car lenseignement de lhistoire seffondre ! Il ny a plus dhistoire scientifique jusque dans les années 1840.
F. Laurent : Oui, les Bénédictins de Saint-Maur ont été dispersés. Et ce que vous dites pourrait être vrai, dans une certaine mesure, pour Augustin Thierry ; mais le retour aux sources darchives connues et, surtout, linvestigation des nouvelles sources (concernant la vie quotidienne, léconomie, le droit, les murs, toute lexistence des classes populaires) sont le fait de cette génération, avec Guizot et Michelet, à partir du moment où il accède aux Archives de France. Leffondrement des institutions scientifiques anciennes a, bien sûr, été important ; mais il la été surtout pour la genèse dune nouvelle histoire.
F. Laurent : Je voudrais revenir sur ce nom étrange, Guanhumara Dans le contexte du Rhin et des Burgraves, on trouve plusieurs effets de retour du refoulé, comme cette marionnette de bouffon rencontrée dans des caves de Heidelberg, et qui symbolise la survivance du peuple Hugo envisage alors le problème de la misère de façon détournée, et je me demande si dans Guanhumara, cette figure de la misère quasi archaïque, on ne peut pas lire « guano » et « Marat » Le personnage préfigurerait la hantise de Marat, incarnation de six mille ans de misère humaine. Lexclusion quévoque Agnès à propos des bohémiennes pourrait être une sorte descamotage, comme si Hugo, alors, renvoyait le problème dans les coulisses. Nest-ce pas en tant que figure de la misère que le personnage de Guanhumara est escamoté ?
A. Spiquel : Plutôt en tant que vengeance sociale.
J. Acher : Cest une bulle pontificale qui avait exclu les bohémiens de la communauté des croyants et les avait condamnés à lerrance sur les routes
G. Rosa : Si lEmpereur dit « je pars aussi », cette parole le « bohémianise »-t-elle ?
A. Spiquel : Elle donne plutôt de la dignité à Guanhumara
G. Rosa : Mais si Guanhumara sapparente de la sorte à lEmpereur, comment dire quelle est victime de lhistoire ? A moins que tous les grands hommes le soient aussi, à commencer par Frédéric Barberousse...
V. Wallez : Ursus, Dea et Gwynplaine sont aussi des bohémiens par leur errance.
G. Rosa : Et Michelle Fléchard peut-être aussi.
A. Spiquel : Nen jetez plus Je vérifierai !
M. Roman :Et les deux irlandaises qui sont parmi les comprachicos !
G. Rosa : Fibi et Vinos, dans LHomme qui rit, sont dites « bréhaignes ».
V. Wallez : Cela signifie seulement quelles sont stériles.
A. Laster : Quasimodo du moins est bel et bien bohémien. A propos des coupures dans les pièces, les metteurs en scène de Mangeront-ils? ne coupent pas si volontiers dans le texte de Zineb. Son discours étant « sublime », ils le respectent ; au point de couper le contrepoint grotesque quy donnent quelques interruptions dAïrolo. Besson ne coupait pas dans léloge de la mort de Zineb, mais coupait la réplique dAïrolo (« Une tasse de thé,/ Sucrée et chaude, avec un nuage de crème ») Si bien que les spectateurs parlaient ensuite du monologue de Zineb !
Ce quon coupe, cest le grotesque le monologue de don César, par exemple, alors quon respecte toujours le « Bon appétit, messieurs »
F. Naugrette : Bah ! la confusion entre monologue et tirade est fréquente.
A. Laster : Je minsurge aussi contre le mot « tirade » ; il devrait impliquer un vaste mouvement oratoire, construit, rhétorique ; Hugo nécrit pas de tirade.
Et puis, Agnès a dit de Mangeront-ils ? que cétait pour Hugo une « récréation » pendant la rédaction de LHomme qui rit. Je ne suis pas daccord, ce nest pas une fantaisie !
A. Spiquel : Je plaide linnocence : je nai pas voulu minorer la pièce par rapport au roman, je nai voulu faire aucune hiérarchie.
A. Laster : Le Théâtre en liberté est pourtant souvent perçu comme mineur, bien à tort ! Jean Maurel, parlant de Mangeront-il ? dans sa récente communication à Censier, en parlait comme dune saynète ! Une saynète en 1480 vers, à peine 350 de moins que Les Burgraves !
J. Acher : Le bohémien vient dailleurs, mais cet ailleurs est toujours flou, comme dans le discours de la Mahiette : « Pologne, Catalogne, Vologne, je confonds toujours ces trois provinces-là. »
Marieke Stein
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