Angelica Radicchi : L'Europe de Hugo et Garibaldi

Communication au Groupe Hugo du 17 décembre 2016
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Selon l’historien Pierre Halbwachs, le premier lien entre Giuseppe Garibaldi et Victor Hugo, et le “commencement d’une grande et fidèle amitié”, a lieu en 1860, année de l’expédition de Sicile, c’est-à-dire de l’épopée des Mille[1]. Cet exploit avait suscité la solidarité de plusieurs bourgeois démocrates de Jersey à tel point qu’un comité s’était créé pour recueillir des fonds en faveur de l’expédition. Dans ce moment si important, la figure de Victor Hugo pouvait donner du lustre à ce comité et servir de haut-parleur. Philippe Asplet, officier du Connétable et ami des proscrits, lui demande donc de venir parler pour Garibaldi dans un meeting à Jersey. Il lui apporte une pétition signée par 500 notables habitants de Jersey le priant de rentrer dans l’île, de laquelle il avait été expulsé cinq ans plus tôt, pour offrir sa voix à la cause italienne[2]. Hugo dira : « Garibaldi a fait d’une pierre deux coups ; il a fait sortir les Bourbons de la Sicile et il m’a fait rentrer à Jersey »[3].                                                                                                                                                             C’est seulement à partir de 1863 qu’on peut lire le premier échange de lettres entre les deux hommes. Toute leur correspondance montre leur admiration réciproque et une profonde communion dans le partage d’idéaux démocrates, libéraux et universalistes. Pour Victor Hugo, Garibaldi était vraiment un héros, un soldat qui lutte pour toutes les nobles causes ; il l’appelait « le héros de l’idéal »[4]. Dans son discours à Jersey il le décrit ainsi : « Garibaldi. Qu’est-ce que c’est Garibaldi ? C’est un homme, rien de plus. Mais un homme dans toute l’acception sublime du mot. Un homme de la liberté ; un homme de l’humanité. Vir, dirait son compatriote Virgile »[5]. De son côté, Garibaldi voyait en Hugo «l’homme de l’émancipation humaine, la première colonne sur laquelle repose l’avenir des peuples »[6], ou encore, comme le rapporte Charles Lemmonier, un « génie éminent, l’homme qu’il aime et qu’il admire le plus »[7].

 

Un des aspects les plus intéressants et moins étudiés, en tout cas en ce qui concerne Garibaldi, est leur commune aspiration européiste et universaliste. Garibaldi entre en contact avec les idéaux universalistes et européens en 1833 (il a 26 ans), pendant un voyage de Nice à Constantinople. À l’équipage s’était ajouté un groupe de treize français dont le chef était Émile Barrault, saint-simonien converti au Nouveau Christianisme, qui trouve en Garibaldi un auditeur attentif. Il prédique la fraternité, la paix et l’égalité et convainc le jeune marin qu’il existe un destin commun à toute l’humanité. Garibaldi n’était pas un homme de lettres, il aimait l’action et l’aventure. Les rencontres sont donc très importantes dans l’histoire de la formation intellectuelle de ses combats. Garibaldi dira : « Au début l’apôtre m’a expliqué que l’homme qui défend sa propre patrie ou qui attaque les autres pays est seulement un soldat, compatissant dans la première hypothèse, injuste dans la deuxième, mais que l’homme qui, en se faisant cosmopolite, adopte l’humanité pour patrie et offre l’épée et le sang à chaque peuple qui lutte contre la tyrannie, est plus qu’un soldat : il est un héros »[8]. Qui connaît l’histoire de Garibaldi sait bien que de cet enseignement il a fait le fondement de sa mission. Il gardera pour toute sa vie la copie du Nouveau Christianisme que lui avait donnée Barrault[9].

Hugo est animé dès avant l’exil d’une aspiration universaliste comparable, lui qui, affirme dans Les Burgraves : « Un jour, espérons-le, le globe entier sera civilisé, tous les points de la demeure humaine seront éclairés, et alors sera accompli le magnifique rêve de l’intelligence : avoir pour patrie le monde et pour nation l’humanité »[10].

Mais la génération de Hugo et Garibaldi est inspirée aussi par un cosmopolitisme plus pragmatique dont l’horizon, dans un premier temps, est la réalisation de la fraternité parmi les peuples européens.  Selon Carol Bergami, dans les années quarante on assiste à une européisation du pacifisme liée à différentes raisons : tout d’abord une question générationnelle (Jules Bastide, Elias Regnault, Francisque Bouvet, Hippolyte Carnot, Gustave d’Eichthal, Michel Chevalier, Victor Considérant et Frédéric Bastiat étaient tous de la même génération que Victor Hugo et Giuseppe Garibaldi) ; puis une politisation de la paix (contre le « cosmopolitisme aveugle », ces hommes faisaient dépendre la paix d’une espace juridique réel) et, par conséquent, l’identification de cet espace politico-juridique avec la fédération européenne[11].

Toute cette génération avait été influencée, en outre, par la pensée de Henri de Saint- Simon qui, avec son élève Augustin Thierry, en 1814, écrit De la réorganisation de la société européenne. Ce projet envisageait l’établissement d’un Parlement anglo-français pour arriver à la fédération européenne et puis à l’union du monde entier. Cette idée sera reprise par Garibaldi dans son Mémorandum aux puissances d’Europe publié en 1860, moins par Hugo qui se méfiait de l’Angleterre et croyait plutôt en une union entre l’Allemagne et la France symbolisée par le Rhin : « Plus de frontières ! Le Rhin à tous ! Soyons la même République, soyons les États-Unis d’Europe, soyons la fédération continentale, soyons la liberté européenne.[12] »

La réconciliation franco-allemande, envisagé par Hugo, peut nous faire penser à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) de 1952 : le premier embryon de l’Europe unie et le commencement d’une nouvelle époque de notre continent. Le charbon et l’acier étaient les deux ressources fondamentales de la guerre et elles provenaient des territoires toujours contestés entre la France et l’Allemagne : l’Alsace-Lorraine. En effet « ce choix n'était pas seulement inspiré par une logique économique mais aussi politique, car ces deux matières premières étaient à la base de l'industrie et de la puissance de ces deux pays. L'objectif politique sous-jacent était bien de renforcer la solidarité franco-allemande, d'éloigner le spectre de la guerre et d'ouvrir la voie de l'intégration européenne [13]». La décision de partager la gestion de ces ressources à travers des institutions communes prévenait le risque d’un réarmement secret et était le premier pas vers la pacification du continent.

Plusieurs chercheurs ont souligné la capacité prophétique des intuitions de Hugo à tel point que Danielle et André Cabanis ont affirmé : « C’est peut-être sembler trop jouer avec les paradoxes que de soutenir qu’Hugo n’est jamais meilleur prophète que lorsqu’il parait complètement coupé de la réalité de son temps »[14]. Il avait aussi prévu la création d’une monnaie commune. Dans un discours prononcé aux proscrits de Jersey, le 24 février 1855, Victor Hugo imagine "une monnaie continentale, à double base métallique et fiduciaire, ayant pour point d’appui le capital Europe tout entier et pour moteur l’activité libre de deux cents millions d’hommes, cette monnaie, une, remplacerait et résorberait toutes les absurdes variétés monétaires d’aujourd’hui, effigies de princes, figures des misères"[15]. Son discours de 1849 au Congrès de la paix de Paris, dont il était président, témoigne aussi de ce talent prophétique :

 Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Petersburg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impossible et qu’elle paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne (…). Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d’un grand Sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le Parlement est à l’Angleterre, ce que la Diète est à l’Allemagne, ce que l’Assemblée législative est à la France[16].             

C’est précisément à partir de ce discours que l’expression « États-Unis d’Europe » commence à se diffuser, même si l’inventeur en a été Michel Chevalier en 1841, socialiste, saint-simonien et fouriériste[17]. La première fois que Hugo prononce ces mots à l’Assemblée législative, il y a une explosion de rire et quelques députés commentent : « Hugo est fou ! », « Quelle extravagance ! », « C’est un blasphème ! »[18]. Mais comme on sait bien pour Hugo l’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain.

 

Après l’expédition en Sicile, les vies de Hugo et de Garibaldi se croisent plusieurs fois. De 1862 à 1866, Garibaldi passe une période difficile à cause d’une blessure au pied qu’il s’était faite en Aspromonte: il écrira dans ses mémoires que dans ces années-là il avait passé « une vie inerte et inutile »[19].  Mais son âme révolutionnaire n’était pas blessée : pour encourager l’action du gouvernement, en 1863, Garibaldi demande à l’auteur des Misérables un million de fusils pour les italiens. Et Hugo lui répond : « Certes, vous pouvez compter sur le peu que je suis et le peu que je puis. Je saisirai, puisque vous le jugez utile, la première occasion d’élever la voix.  Il vous faut le million de bras, le million de cœurs, le million d’âmes. Il vous faut la grande levée des peuples. Elle viendra »[20]. Mais la levée des peuples n’arrivait pas et la convalescence de Garibaldi à Caprera continuait.

La première sortie du général après sa cure de repos a lieu en1864, lorsqu’il se rend en Angleterre avec une mission claire : recommander à la Grande-Bretagne la cause des peuples opprimés. Quatre ans plus tôt, Garibaldi avait publié le Mémorandum aux puissances d’Europe où il préfigurait la création d’un seul état européen pour résoudre définitivement l’hostilité entre les états. Il disait que la création d’un état européen, et par conséquent d’une seule armée, aurait pu assurer la paix et permettre plus d’investissements dans l’industrie, dans les écoles et surtout dans la lutte contre la pauvreté. Les Misérables, inspiré par un socialisme humanitaire[21], touchèrent également Garibaldi au cœur.

Il pensait que les nations capables de commencer ce projet étaient la France et la Grande-Bretagne. Dans une lettre adressée à Hugo, Garibaldi lui décrit ainsi sa rencontre avec les ouvriers anglais : « Oui, mon digne ami, une main dans la main calleuse et noircie de l’ouvrier anglais, j’ai entendu la parole de fraternité avec la France sortir unanime de la foule de ces robustes enfants du travail, et mes yeux se sont humectés en pensant à cette condamnation à mort du despotisme, à cette initiative d'un grande peuple appelant un grand peuple frère pour la libération de tous. Et vous le savez : avec l'Angleterre et la France en tête – (comme vous dites) la Délivrance n’est pas loin »[22]. Mais malheureusement la reine Vittoria, qu’inquiète la popularité croissante de Garibaldi, décide que le général doit abandonner l’Angleterre au plus vite. 

Après cette période de retrait relatif, les entreprises de Garibaldi recommencent le 10 juin 1866 quand le général Fabrizi se rend à Caprera pour l’inviter à prendre le commandement des volontaires qui étaient en train de se réunir partout en Italie pour lutter contre l’Autriche en Trentino. Sept jours après, le 17 juin, Hugo lui envoie une lettre : « Le sang va couler, le glorieux sang italien. Vous aurez besoin dans vos ambulances de volontaires, de chirurgiens et de guérisseurs. En voici un, M. Saint-Yves, fils d’un médecin distingué de Paris et médecin lui-même »[23]. Pour Hugo, comme pour Garibaldi, la libération d’un peuple était le commencement de la libération de tous les peuples. Hugo donc ne pouvait pas faire manquer de soutenir le général. Le 12 aout la bataille se termine victorieusement pour les garibaldiens.

 

Pendant ce temps,  commence à monter en France la préoccupation d’une nouvelle guerre, cette fois contre la Prusse, dont le but est de terminer l’unification allemande, ce qui alarme les pacifistes qui décident de s’engager dans l’organisation d’un nouveau congrès de la paix. À la différence des congrès précédents, le Congrès international de la paix et de la liberté de Genève de 1867 affirme l’importance de la liberté pour arriver à une paix perpétuelle et ainsi pour fonder les Etats-Unis d’Europe. Ce congrès représente un autre témoignage de la commune vocation pacifiste et européiste de Hugo et de Garibaldi. Le général en était président honoraire et Hugo un de ses plus illustres promoteurs.

La première réunion du comité organisateur se tient à la maison d’Émile Acollas sous l’initiative de Charles Lemmonier (organisateur du Congrès qui deviendra ensuite directeur de la revue Les États-Unis d’Europe). Le 29 juin Acollas écrit à Hugo : « Louis Blanc, Garibaldi, John Stuart Mill sont des nôtres »[24]. Ce congrès comptait environ 6000 participants venus de toute l’Europe mais aussi d’ailleurs. Il avait pour but de préparer les bases de la future confédération des peuples : les États-Unis d’Europe. En cette occasion Garibaldi propose la création d’un Congrès permanent nommé par les sociétés démocratiques de tous les peuples où chaque nation aurait un seul vote, une sorte de Nations-unies. Mais malheureusement le Congrès ne fut pas un succès pour le général à cause de ses déclarations anticléricales. En outre, Hugo n’avez pu participer pour des problèmes de santé. On peut lire dans une lettre adressée à Garibaldi mais jamais envoyée : « Cher Garibaldi, j’ai espéré jusqu’au dernier moment pouvoir assister au congrès de Genève. M.B. vous a dit les raisons de santé qui m’obligent à m’abstenir. Il vous a dit aussi combien du fond du cœur j’adhère à cette grande et nécessaire manifestation. Vous serrer la main eut été pour moi une joie profonde. Vous êtes le héros. Aucune gloire n’est au-dessus de la vôtre. À l’Europe vous avez donné l’Italie, et à l’Italie vous donnerez Rome. Vous portez l’épée vénérable de la Délivrance. […] J’envoie au congrès de Genève mon applaudissement fraternel, et je presse dans mes mains vos mains illustres »[25].

Deux mois après le congrès, Garibaldi subit une brûlante défaite à Mentana pendant la tentative de prise Rome. Cette fois l’annonce prophétique de Hugo ne se réalise pas immédiatement. L’alliance entre le pape Pie IX et Napoléon III, cette « coalition franco-romaine qui additionne les deux maux du siècle, le césarisme et le cléricalisme »[26], avait gagné. L’empereur de France avait décidé de défendre le pape pour gagner le consensus des catholiques français.

Le même mois, Hugo écrit un poème dédié à Garibaldi : « La Voix de Guernesey », appelé ensuite « Mentana » en soutien de Garibaldi et des garibaldiens et contre Napoléon III et le désir de pouvoir du pape. Il lui faut seulement trois jours pour écrire ce poème de 326 vers. L’édition est tirée à cent exemplaires qui sont distribués clandestinement en France, en Angleterre, en Belgique et en Italie[27]. Dans ce texte le peuple italien aussi, et en particulier celui de Rome, est condamné par Hugo parce que il n’a pas participé à la campagne. Garibaldi pouvait compter seulement sur très peu de volontaires et sur le soutien des patriotes les plus progressistes parce que son discours extrêmement anticléricale au Congrès de Genève avait effarouché les Italiens. Selon Marco Nuti, dans la V section Hugo essaie « d’inscrire le projet garibaldien dans une logique d’émancipation internationale » pour offrir à Garibaldi « l’espace européen et déterritorialiser son champ d’action » [28]. Hugo écrit : « Nous cherchons quel est le nom de l’espérance. Nous dirons : Italie ! et tu répondras : France ! ». Selon l’interprétation de Nuti, Mentana représente l’acte fondateur de la résistance européenne qui légitime les choix de la guerre franco-prussienne.

Un mois seulement après la publication de La Voix de Guernesey, 17 traductions étaient déjà parues. Le succès et la diffusion de ce poème avait convaincu Hugo et son public qu’il était la raison pour laquelle le Théâtre-Français avait arrêté les représentations d’Hernani et l’Odéon avait interdit Ruy Blas. Le directeur de l’Odéon lui avait envoyé la lettre suivante : « Le Directeur du Théâtre Impérial de l’Odéon a l’honneur d’informer M. Victor Hugo que la reprise de Ruy Blas est interdite », signée Chilly. Hugo répond : « À M. Louis Bonaparte aux Tuileries. Monsieur, je vous accuse réception de la lettre signée Chilly »[29]. En fait, récemment on a appris que l’Empereur avait déjà décidé, à peu près deux mois avant la notification envoyée à Hugo par le directeur du théâtre, d’interdire la représentation de Ruy Blas. Napoléon III avait envoyé à son ministre de l’Intérieur, le maréchal Vaillant, la lettre suivante : « Mon cher Maréchal, j’ai lu dans les journaux qu’on préparait à l’Odéon la reprise de Ruy Blas. Je vous prie d’interdire cette représentation car vous devez vous souvenir que je vous ai fait part de mes appréhensions au sujet des pièces de Victor Hugo. Il ne faut pas que le scandale d’Hernani se renouvelle. Croyez à ma sincère amitié. [30]»

Le 3 janvier 1868, Garibaldi répond à Hugo avec un écrit intitulé « La Voix de Caprera » comme si les deux îles, abri des deux exilés, se donnaient un soutien réciproque.

Outre ce poème, une autre création matérialise la fidélité de son amitié : la chambre de Garibaldi à Hauteville House. Hugo espérait l’accueillir dans son exil. Malheureusement Garibaldi n’a jamais pu rendre visite à son ami à Guernesey.     

             

Pendant ce temps, la guerre franco-prussienne s’approchait.  En 1869, il y a une dernière tentative des pacifistes pour faire entendre leur voix : ils organisent un autre Congrès à Lausanne sous  la présidence honoraire de Victor Hugo. Dans un message qu’il s’adresse aux congressistes en les appelant concitoyens des Etats-Unis d’Europe il déclare : « Permettez-moi de vous donner ce nom, car la république fédérale est fondée en droit, en attendant qu’elle soit fondée en fait. Vous existez, donc elle existe. Vous la constatez par votre union qui ébauche l’unité. Vous êtes le commencement du grand avenir ». Mais pour Hugo, qui n’était pas un pacifiste intégral, une dernière guerre pour la liberté était nécessaire[31] parce que « la première condition de la paix, c’est la Délivrance » et alors, une fois obtenue, « plus de rois et plus d’armées »[32].

Quelques jours avant la déclaration de guerre de la France à la Prusse, le 14 juillet 1870, Hugo plante, au fond du jardin de Hauteville House, un arbre, un grand chêne. C'est le fameux « Chêne des États-Unis d'Europe » qui pousse encore dans le jardin de Hugo. Dans une lettre à Paul Meurice, il écrit : « Il ne peut sortir de cette guerre que la fin des guerres et que les États-Unis d'Europe. Vous les verrez. Je ne les verrai pas. Pourquoi ? C'est parce que je les ai prédits. J'ai le premier, le 17 juillet 1851, prononcé (au milieu des huées) ce mot : "les États-Unis d'Europe". Donc j'en serai exclu. Jamais les Moïses ne virent les Chanaans »[33].

Cette conviction est également attestée par une autre affirmation du poète. Vers la fin de sa vie, Hugo fera don de ses manuscrits et de “tout ce qui serait trouvé écrit ou dessiné par moi à la Bibliothèque nationale de Paris, qui sera un jour la Bibliothèque des États-Unis d’Europe”[34].

Mais la réalisation de ce rêve était encore loin. La guerre du 1870 a représenté un tournant qui marquera l’histoire de la première moitié du XXe siècle : elle n’avait plus rien à voir avec les guerres de libération nationale ou d’indépendance, tout au contraire le principe de nationalité se transformait en nationalisme et en lutte hégémonique. Même si les initiatives des congrès de la paix continuaient, l’Europe était encore destinée à être déchirée par des guerres fratricides. Dans une lettre envoyée à la Ligue internationale de la paix et de la liberté, Hugo affirme solennellement que « l’insomnie du monde a commencé ». La guerre franco-prussienne était le commencement d’une âpre rivalité entre la France et l’Allemagne dont la violence pourra convaincre les fédéralistes du XXe siècle de proposer, comme Garibaldi le disait, un armée européenne où les soldats français et les soldats allemands, en tant que collègues du même bataillon, ne pourraient plus tourner les armes les uns contre les autres [35].

Mais pour le moment il faut défendre encore une fois la liberté d’un peuple et pour cette raison, en 1870 après la défaite de Napoléon III, Garibaldi décide de combattre avec l’armée française contre la Prusse. Un choix difficile à comprendre, si l’on considère toutes les fois où il avait combattu contre la France. Ce choix est aussi mal compris par les Italiens qui l’ont considéré comme la décision d’un vieillard désœuvré dans son île solitaire. Les Français étaient encore les ennemis de Mentana et les Prussiens avaient aidé l’Italie en 1866. Bismarck considérait Garibaldi comme un ingrat. Mais dans ce moment-là, il était encore une fois le libérateur des peuples opprimés et, de plus, il n’avait jamais cessé de croire dans le rôle de protagoniste de la France en ce qui concerne la délivrance européenne. Dans une lettre de 1869 Garibaldi écrit à Hugo : « Le réveil du grand peuple, mon cher ami, est l’espérance du monde. […] Aujourd’hui, l’initiative des fils de 1789 est attendue, comme, au temps des anciens, le Messie. […] Les nouvelles élections de France nous intéressent plus que les nôtres, et, croyez-moi, nous saurons marcher sur les traces du peuple-chef »[36].  De plus il croyait que le moment était arrivé pour diffuser l’idée d’une union mondiale. Il écrit à A. Schon : « Vous connaissez sans doute le projet d’une union mondiale, et je crois cette circonstance-ci propice pour en faire la propagande. L’Union Américaine, l’Angleterre, la Scandinavie, la France et l’Allemagne, auxquelles se joindraient toutes les puissances mineures, seraient une magnifique base pour l’union mondiale ; et les députés de toutes les Nations monarchiques, ou républicaines, formant un aréopage à Nice, ville libre, pourraient comme premiers articles d’une constitution universelle établir : 1) la guerre entre les Nations est impossible ; 2) quelconque différence entre elles sera jugé par l’aréopage »[37].

 

En octobre 1870 Garibaldi débarque à Marseille. Quelques centaines des volontaires italiens seulement le rejoignent. À ce groupe s’ajoutent encore des Polonais, des Espagnols, des Grecs et des Français. Une armée cosmopolite, pour un commandant cosmopolite, d’environ cinq mille soldats et très peu équipée. Garibaldi souffre de rhumatismes très douloureux mais malgré cela il arrive à gagner des batailles contre la Prusse et encore une fois il rêve d’une république universelle dont la France serait le centre. Dans une proclamation à ses troupes il affirme :  « Bientôt nous ferons vaciller sur ses fondations le trône sanglant et vermoulu du despotisme.  Nous installerons, sur le sol hospitalier de notre belle France, le pacte sacré de la fraternité des peuples »[38].

À la fin de la guerre, la France est battue mais Garibaldi avait gagné plusieurs batailles. Pour cette raison le général est élu, sans s’être présenté, dans plusieurs départements français, notamment dans celui de Nice (sa ville natale).  Il obtient donc un siège à l’Assemblée de Bordeaux où il se rend le 13 février 1871 pour donner ses démissions.  Il entre dans la salle avec Victor Hugo à son coté, député lui-même, et leurs collègues républicains les acclament. Par contre une partie de l’Assemblée, conservatrice et cléricale, déteste Garibaldi et l’empêche de faire sa communication. Le 16 février il décide alors de rentrer à Caprera. À partir de ce jour-là, chaque fois que quelqu’un parle de Garibaldi, les députés de droite ne lésinent pas en insultes ni en cris. Aussi Victor Hugo, le 8 mars 1871, prend-il la parole et tient-il le discours suivant :  

Je ne dirai qu'un mot. La France vient de traverser une épreuve terrible, d'où elle est sortie sanglante et vaincue. On peut être vaincu et rester grand. La France le prouve. La France, accablée en présence des nations, a rencontré la lâcheté de l'Europe. (Mouvements). De toutes ces puissances européennes, aucune ne s'est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait pris en main la cause de l'Europe... (Bravo ! à l'extrême gauche) ; pas un roi, pas un État, personne ! Un seul homme excepté... (Sourires ironiques à droite. Très bien ! à l'extrême gauche.) Où les puissances, comme on dit, n'intervenaient pas, eh bien un homme est intervenu, et cet homme est une puissance (exclamations sur plusieurs bancs à droite.) Cet homme, Messieurs, qu'avait-il ? Son épée. Son épée, et cette épée avait déjà délivré un peuple... (Exclamations sur les mêmes bancs) et cette épée pourrait en sauver un autre. (Nouvelles exclamations). Les interruptions ne m'empêcheront pas d'achever ma pensée. Il a combattu... Je ne veux blesser personne dans cette Assemblée, mais je dirai qu'il est le seul, des généraux qui ont lutté pour la France, le seul qui n'ait pas été vaincu. (Bruyantes réclamations à droite. Applaudissements à gauche). Je vais vous satisfaire, Messieurs, et aller plus loin que vous. Il y a trois semaines vous avez refusé d'entendre Garibaldi. » Un membre : « Il avait donné sa démission ! » M. Victor Hugo : « Aujourd'hui vous refusez de m'entendre. Cela me suffit. Je donne ma démission. (Longues rumeurs. Non ! non ! Applaudissements à gauche). Un membre : « L'Assemblée n'accepte pas votre démission ! » M. Victor Hugo : « Je l'ai donnée et je la maintiens. (L'honorable membre qui se trouve, en descendant de la tribune, au pied du bureau sténographique situé à l'entrée du couloir à gauche, saisit la plume de l'un des sténographes de l'Assemblée et écrit, debout, sur le rebord extérieur du bureau, sa lettre de démission au président.) Non ! non ! j'y persiste. Je ne rentrerai pas dans cette Assemblée ! (M. Victor Hugo sort de la salle.)[39]

Le 11 avril Garibaldi écrit à Hugo pour le remercier de sa défense à l’Assemblée de Bordeaux. Garibaldi affirme : « J’aurais dû plus tôt vous donner un signe de gratitude pour l’honneur immense dont vous m’avez décoré à l’Assemblée de Bordeaux. Sans manifestation écrite, nos âmes se sont cependant bien entendues, la vôtre par le bienfait, et la mienne par l’amitié et la reconnaissance que je vous consacre depuis longtemps. Le brevet que vous m'avez signé à Bordeaux suffit à toute une existence dévouée à la cause sainte de l'humanité, dont vous êtes le premier apôtre »[40].

La guerre franco-prussienne signe le dernier chapitre de la glorieuse carrière de combattant du général et le commencement de sa vieillesse mêlée d’une sorte d’amertume : “Je serai accusé de pessimisme; mais pardonnez-moi, vous qui avez la patience de me lire : aujourd’hui j’entre dans mes soixante-cinq ans et ayant cru dans la majeure partie de ma vie à une amélioration humaine, voir autant d’afflictions et de corruption en ce soi-disant siècle civil me remplit d’amertume… si la société d’aujourd’hui se trouve dans une situation normale, cela je le laisse décider aux hommes de bon sens. Les ouragans n’ont pas encore effacé l’atmosphère viciée par l’odeur des cadavres et déjà on pense à la revanche. Les gens souffrent pour n’importe quelle sorte d’affliction : famines, inondations et choléra ; on s’en fiche ! Tout le monde s’arme jusqu’aux dents, tous sont soldats ! ».

La plus grande aspiration de Garibaldi est son aspiration pour la paix et malgré son âge il est encore déterminé à lutter pour elle. Le congrès de Genève sera encore la manifestation de cette aspiration qui lui fait écrire des déclarations, des lettres, des articles et aussi des romans, comme Manlio, où il est possible de retrouver son âme fédéraliste. En 1872 il écrit à l’empereur Guillaume Ier pour lui demander de créer un Congrès international, et aussi à Bismarck :

 

Vous avez réalisé de grandes choses dans le monde. Réalisez aujourd’hui votre glorieuse carrière avec l’initiative d’un arbitrage mondial. À Genève, siège de l’Arbitrage, on enviera les délégués de chaque état. 1) La Guerre est impossible parmi les Nations. 2) Chaque conflit parmi elles sera jugé par l’Arbitrage mondial [41].                      

Hugo non plus ne perd pas son espérance. Dans sa lettre aux membres de congrès de la paix de Lugano du 20 septembre 1872 il affirme que même si le moment semble étrange pour parler de la paix, nous aurons les États-Unis d’Europe qui couronneront le vieux monde. Par la suite, en 1876, il envoie un message aux travailleurs français délégués à l’exposition de Philadelphie dans lequel il affirme que le XXe siècle verra l’embrasement des États-Unis d’Europe. Dans ses notes de 1876-78, Hugo écrit :  « Je voudrais signer ma vie par un grand acte, et mourir. Ainsi, la fondation des États-Unis d’Europe »[42].

 

Les dernières années de la vie des deux hommes sont marquées aussi par le deuil. Encore une fois Garibaldi et Hugo sont unis, mais cette fois par la perte, pour la deuxième fois, d’un enfant : d’une fille de Garibaldi, appelée Rose (comme la première) et de François-Victor, le fis de Hugo, qui meurt de la tuberculose le 26 décembre 1873 (rappelons que deux ans plus tôt Charles était mort d’un ictus). François avait dédié à Garibaldi le troisième volume de la traduction française des Œuvres complètes de William Shakespeare. Dans la lettre que Garibaldi écrite en 1864 pour le remercier de cette dédicace il affirmait :

 Je ne peux pas accepter votre dédicace que comme un vote que nous faisons ensemble pour la liberté de nos deux patries et pour l’alliance du peuple puissant qui pourra être une flamme de la civilisation, quand il saura se rappeler qu’il a produit cette lumière que vous avez fait briller en de nouvelles formes, et qui s’appelle William Shakespeare [43].  

La souffrance de Hugo à la mort de son fils est déchirante. Le 6 janvier 1874 Garibaldi lui adresse des paroles consolantes : « Ce monde n’est pas fait pour les anges. Mais pour la canaille ! […] Aujourd’hui, ton valeureux et aimé François nous domine, mon cher vieux. Avec cela je ne veux pas atténuer l’immensité de ta perte. Pour la vie à toi. Je vous envoie un bouton de fleur cueilli sur le tombeau de mes deux filles. Rose »[44].  Hugo lui répond : « Cher Garibaldi, mon fils vous aimait – je lui offre ces feuilles de vos roses que vous m’envoyez. […] Aimons-nous et continuons à servir les hommes, tout en pleurant, vous vos filles, moi mes fils. Mon âme reste parmi les vivants, mais mon cœur est dans le tombeau »[45].                   

À la mort de Garibaldi, en 1882, l’Assemblée nationale française décide d’interrompre la séance en signe de deuil. Victor Hugo présidera le comité constitué en honneur de Garibaldi. C’est le dernier acte de cette grande et fidèle amitié qui liait ces deux grands hommes de notre histoire.


[1] À Hauteville House est encore conservée la traduction du livre Les Mille donnée par Garibaldi à Hugo avec cette dédicace :  « À l’immortel doyen de la France poétique et républicaine ».

[2] PIERRE HALBWACHS, Présentation, Actes et Paroles, Paris, Éd. Rencontre, 1968, rééd., t. I, pp. 825-836.

[3] VICTOR HUGO, Actes et Paroles, Paris, Éd. Rencontre, 1968, rééd., t. I, pp. 550-557.

[4] ALESSIO SFIENTI, L’eroe dell’ideale. Giuseppe Garibaldi e la pace,

(http://www.academia.edu/6306660/L_eroe_dell_ideale._Giuseppe_Garibaldi_e_la_pace).

[5] V. HUGO, Actes et Paroles, Paris, Éd. Rencontre, 1968, rééd., t. I, pp. 550-557.

[6] Lettre du 26 avril 1864, Archive de la Maison de Victor Hugo.

[7] ALESSANDRA ANTEGHINI, Lemonnier e Garibaldi, in Garibaldi nel pensiero politico europeo, Atti del Convegno di studi nel Bicentenario della nascita di Giuseppe Garibaldi (Genova 20-22 settembre 2007), a cura di Anna Maria Lazzarino Del Grosso, Centro editoriale toscano, 2010, pp. 153-177.

[8] MAX GALLO, Garibaldi. La forza di un destino, Milano, Bompiani, 2010, pp. 65-66.

[9] Ivi.

[10] V. HUGO, Les Burgraves, Arversa éditions, p. 16 (édition numérique).

[11] CAROL BERGAMI, Européisme et cosmopolitisme. D’une spécificité européenne dans le pacifisme français des années 1840, Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2012/4 (n° 108), p. 7-12.

[12] V. HUGO, Discours à l’Assemblée nationale (1er mars 1871), en Écrits politiques, anthologie établie et annotée par F. Laurent, Le Livre de Poche, 2001, pp. 253-266.

[13] Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier, traité CECA : http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=URISERV:xy0022&from=IT.

[14] ANDRE ET DANIELLE CABANIS, L’Europe de Victor Hugo, Toulouse, Privat éditions, 2002, cit., p. 117. Pour plus de renseignements voir VERDIANA GROSSI, Victor Hugo et sa perception des États-Unis d’Europe, en Les États-Unis d’Europe. Un projet pacifiste, éds Marta Petricioli, Donatella Cherubini et Marta Anteghini, Peter Lang, 2004, pp. 49-73.

[15] V. HUGO, Discours aux proscrits de Jersey (24 février 1855), en Actes et Paroles, Paris, Éd. Rencontre, 1968, rééd., t. I.

[16] V. HUGO, Discours au Congrès de la Paix de Paris (21 aout 1849), en Actes et Paroles, Paris, Éd. Rencontre, 1968, rééd., t. I, pp. 299-304.

[17] ALAIN LAQUIEZE, Les États-Unis d’Europe : histoire d’une expression, en Giornale di storia costituzionale n. 5/I semestre 2003, pp. 9-10.

[18] Discours de Victor Hugo à l’Assemblée nationale (17 juillet 1851) : https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_%C3%A0_l%E2%80%99Assembl%C3%A9e_l%C3%A9gislative_1849-1851

[19] GIUSEPPE GARIBALDI, Memorie autobiografiche, Firenze, G. Barbera Editore, 1888, cit., p. 406.

[20] Lettre du 18 novembre 1863, en Actes et Paroles, Paris, Éd. Rencontre, 1968, rééd., t. I, p.751.

[21] Pour plus de renseignements voir de L.BRIGUGLIO, Garibaldi e il socialismo, Milano, SugarCo Edizioni, 1982 et de E. BARTALINI, Il socialismo di Garibaldi, in « Ordine Nuovo », Torino, 9 gennaio 1921.

[22] Lettre du 26 avril 1864, archive de la Maison de Victor Hugo (Place des Vosges).

[23] Lettre du 17 juin 1866, archive de la Maison de Victor Hugo.

[24] V. HUGO, Œuvres complètes, Actes et Paroles, Paris, Albin Michel, 1938, vol. II (1852-1870), p. 557.

[25] Lettre début septembre 1867, archive de la Maison de Victor Hugo.

[26] MARCO NUTI, Passions au miroir : Hugo et Garibaldi dans la solitude de l’histoire, Linguae &, vol., n. 1, p. 21-34.

[27] JEAN-MARC HOVASSE, « La Voix de Guernesey », Millet éd. (2002), Hugo et la guerre, p. 207-224.

[28] M. NUTI, Passions au miroir : Hugo et Garibaldi dans la solitude de l’histoire, p. 21-34.

[29] V. HUGO, Actes et Paroles, Paris, Albin Michel, 1938, vol. II (1852-1870),  p. 604.

[30]  Lettre du 10 octobre 1867, en Bulletin annuel de la Société des Amis de Victor Hugo, L'Echo Hugo, n°4 de 2004, p. 147.

[31] Message au Congrès de la Paix de Lausanne (Bruxelles, 4 septembre 1869), Actes et Paroles, Paris, Albin Michel, 1938, vol. II (1852-1870), p. 623-624.

[32] Discours au Congrès de la Paix de Lausanne, Actes et Paroles, Paris, Albin Michel, 1938, vol. II (1852-1870),  p.624-627.

[33] http://www.hautevillehouse.com/jardin.html

[34] ALAIN DECAUX, Victor Hugo, Edition Perrin, 2011, cit., p. 939.

[35] En 1954, pendant la campagne en faveur de l’approbation de la Communauté européenne de défense (CED), les fédéralistes avaient tapissé les mur de France avec les photos d’un cimetière militaire français et d’un cimetière allemand, avec au-dessous les dates des trois guerres entre les deux peuples (dont 1870 était la première) et la mention : « Plus jamais ça avec la CED ».

[36] Lettre du 20 avril 1869, archive de la Maison de Victor Hugo.

[37] Lettre du 6 septembre 1870, Epistolario di Giuseppe Garibaldi Vol. XIV (1° gennaio 1870 - 14 febbraio 1871), Istituto per la Storia del Risorgimento italiano, 2009, pp. 134-135.

[38] M. GALLO, Garibaldi, cit., p. 420-421.

[39] Discours du 8 mars 1871 : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/7eg.asp.

[40] M. GALLO, Garibaldi, p. 436.

[41] Ibidem, p.446-447.

[42] V. HUGO, Notes de 1876-1878, in Océan, Œuvres complètes, Laffont, coll. "Bouquins", p. 294.

[43] Lettre du 10 juillet 1864 à François-Victor Hugo, Epistolario di Giuseppe Garibaldi Vol. IX (1864), Istituto per la Storia del Risorgimento italiano, 1992, pp. 109-110.

[44] Lettre du 6 janvier 1874, archive de la Maison de Victor Hugo.

[45] Lettre du 19 janvier 1874, archive de la Maison de Victor Hugo.