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Séance du 18 juin 1988

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Excusés: [non noté]


 

Informations

INFORMATIONS DIVERSES
.Le troisième tome de L'Art d'être grand-père de J. Seebacher est paru et se prénomme Sara, Marthe, Pivoine.
"C'est là le bleu".
. J. Seebacher donne quelques utiles éclaircissements sur le 3ème Spleen des Fleurs du mal.
. René Journet donne lecture de deux textes curieux. L'un est extrait des Cris de Paris, ouvrage d'un certain Victor Fournel publié dans les années 1900-1930 (si j'ai bien suivi et cela d'ailleurs n'importe guère). C'est le portrait d'une "égyptienne de Châtellerault", danseuse, séductrice portant sur elle un petit couteau pour se défendre de ce qu'elle provoquait, nommée Léance ou Liance. Ce personnage réel aurait été évoqué par Tallemant des Réaux. Hugo le connaissait-il au moment de Notre-Dame de Paris?
Le second est un extrait des Mémoires d'un forban philosophe dont on sait que Hugo l'employa, en particulier mais pas uniquement, pour l'argot des Misérables. Le passage contient les leçons qu'un personnage à la fois vertueux et criminel reçoit d'un bohémien bandit, un certain Taupin. Et le texte qui explique comment la sévérité excessive des lois "recrute" et produit les criminels va, au-delà même des Misérables mais dans la même direction, jusqu'aux thèses de Michel Foucault.
. Les Actas do coloquio Victor Hugo et le Portugal, Faculdade de letras do Porto, 1987, sont parus avec, entre d'autres sûrement, mais je les ignore, un texte (aussi mal typographié que bien vu) de R. Journet: "Paysages tachistes dans les romans de V. Hugo".

 


Communication de Bernard Leuilliot : "Quatrevingt-Treize et le Journal de Barbier  (voir texte joint)


Discussion

Pas de discussion, mais quelques minuscules ajouts au monument. R. Journet signale que Hugo fait référence à Barbier non seulement dans le cas, problématique et déjà indiqué par Leuilliot, des Misérables, mais aussi dans Promontorium somnii, sans qu'il y ait là de questions de date puisqu'on est en 1863. Il ajoute que souvent les notes de l'édition achetée par Hugo renchérissent encore sur le voltairianisme de Barbier lui-même; Hugo, parfois, les enregistre, sans faire la différence avec le texte .
P. Georgel se demande si les notes ont été prises au fur et à mesure ou recopient d'un seul coup des annotations -peut-être des signets mis en place seulement?- antérieures. B. Leuilliot précise qu'effectivement la qualité de l'écriture, l'uniformité de la graphie et de l'encre vont apparemment mal avec une annotation au fur et à mesure de la lecture.
Un rapide échange (S. Gaudon, J. Seebacher, B. Degout) fait fuser toutes les raisons que Hugo avait de s'intéresser au nom de La Meilleraye lié aux souvenirs maternels: la Trappe avait été autorisée à se rouvrir en 1817 et sa fermeture, en discussion en 1831, aurait déterminé la rédaction du poème des Feuilles d'automne (XXXIII) -quoique celui-ci soit daté de mai 1830? Il est en tout cas certain que Adolphe Trébuchet avait fait à la Meilleraye une visite dont le récit avait été publié dans plusieurs journaux et a vraisemblablement inspiré l'article d'Abel dans sa France pittoresque.
R. Journet estime que, pour son duc (de Rethel de la Meilleraye) Hugo ne manquait pas de modèles possibles. Il a surtout cherché une famille sans descendants encombrants, se fiant, sans y regarder de plus près car il serait toujours temps de changer le nom, aux indications données dans les notes de Barbier. Ce personnage, lui aussi "marchant à pas légers et lourds", reste présent quoique invisible dans Quatrevingt-treize, soubassement du marquis de Lantenac même si les "enfances Gauvin" ont été réduites à trois fois rien.

 Guy Rosa


Equipe "Littérature et civilisation du XIX° siècle", Tour 25 r.d.c., Université Paris 7, 2 place Jussieu, 75005 Tél. : 01 57 27 63 68. Bibliothécaire : Mle Ségolène Liger.