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Séance du 16 avril 1988

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Informations

. Guy Rosa se fait un agréable devoir de joindre à ce compte-rendu l'annonce et le bulletin de souscription pour les deux volumes d'hommage à M. Max Milner, à paraître chez J. Corti (je regrette seulement de me faire du même coup de la "pub" puisque j'ai eu l'honneur de participer à cet hommage -heureusement, il y en a 45 autres -dont Jacques Seebacher). R. Journet souligne le prix, exceptionnellement bas -pour Corti surtout, de cette publication.

 

. Dans la collection des "Travaux de l'Université de Saint-Etienne",(Centre Interdisciplinaire d'Etudes et de Recherches sur l'Expression Contemporaine),un récent «G comme Hugo» dont le sommaire est: R. Bellet, «Le G majuscule dans l'onomastique hugolienne», Philippe Régnier, «Le poète, les Prêtres et le Prophète: Victor Hugo et les saint-simoniens.» «Une lettre inédite de Pierre Leroux (1831)» (c'est la reprise d'une communication dont P. Régnier nous avait fait l'honneur, il y a un ou deux ans), S. Michaud, «Une encyclique d'Enfantin non envoyée (1841)»; A. Court, «Lamartine lecteur des Misérables» (la question a été déjà plus qu'abordée par P. Malandain), René Berchoud, «Le Labyrinthe Inès de Castro» (dont A. Laster, à qui rien de ce qui concerne le théâtre de Hugo ne saurait être étranger, dit le plus grand bien), Jacques Migozzi, «L'engagement d'une écriture: stratégies énonciatives du Dernier jour d'un condamné à Claude Gueux» (cette question là non plus n'est pas tout à fait vierge), Laudice Retat, «Hugo et l'inspiration -d'après William Shakespeare», B. Teyssot, «Sur quelques éléments imaginaires de composition dans L'Homme qui rit».


.J. Seebacher demande qu'on lui dise où se trouve le second hémistiche de ce vers (le premier n'est pas sûr):
Qu'on pourrait dévorer après deux jours sans pain.
D'autre part, il vient de recevoir, de J. Gaudon, copie de la lettre que ce dernier adresse à la maison Gallimard pour lui confirmer qu'il ne renonce nullement -contrairement à ce que certains de cette Maison s'étaient imaginé- à publier «L'Homme qui rit» dans le volume où prendra également place «le Quatrevingt-treize» procuré par B. Leuilliot. Comme, par ailleurs, J. Seebacher lui-même et Y. Gohin publieront un autre volume contenant les premiers romans, l'achèvement de la publication de l'oeuvre romanesque de Hugo dans la Pléiade est en bonne voie.


. J. Seebacher résume l'orientation qu'Agnès Spickel donne à sa thèse, consacrée à la figure d'Isis dans l'oeuvre de Hugo. La question centrale est de savoir pourquoi, à une date qui semble coïncider avec l'apparition et le développement de l'emploi du vocabulaire de l'immanence (cf. Y. Gohin), les références au mythe d'Isis disparaissent de l'oeuvre de Hugo. Peut-être est-ce lié à une réorientation de l'interprétation du mythe qui en commande l'effacement. Si le mythe est toujours muet sur ce que révèle le dévoilement d'Isis -il n'y a jamais de contemplation d'Isis nue-, et si son voile ne cache pour ainsi dire rien, c'est
que l'acte de connaissance fait disparaître l'idole de la nature. L'absence du mythe d'Isis renvoie donc logiquement à son omniprésence pour toute philosophie proprement "naturaliste": où la nature n'est pas posée comme une puissance adverse à l'humanité mais comme son enveloppe -maternelle. Ainsi toute mère: immanente au foetus, transcendante au bébé (N.D.L.R.). Bref, une fois le voile d'Isis levé, celle-ci disparaît parce que le penseur reste, émerveillé, sous sa jupe.

Il y a donc là -ces lignes n'en sont évidemment que l'ébauche- un prolongement esquissé au travail de Pierre Albouy: à une moment donné, la "mythologie" se voit relayée et dépassée par une démythologisation, moyen de parvenir à "l'histoire réelle, chacun remis à sa place".
De la leur, Gabrielle Malandain, René Journet, A. Spickel complètent cette percée. En soulignant d'abord la généralisation possible de cette procédure qui consiste à retourner un mythe mystique en outil de réalisme; en signalant aussi, dans cette perspective, les rapprochements qu'il faudrait opérer entre un tel emploi du mythe et celui pratiqué par Nerval, à la suite de Novalis. Ce qui repose la question de la familiarité de Nerval avec les textes allemands -Nerval parle la langue, sans doute la connait-il trop peu pour lire sans aide des textes littéraires particulièrement ardus: il a vraisemblablement eu recours à un traducteur intermédiaire pour connaître et traduire Goethe et Heine; et pose, plus généralement, celle de la présence de Novalis en France. Pour R. Journet, si une circulation souterraine des idées et des thèmes est plus que probable, une influence directe et identifiable de Novalis semble exclue: son oeuvre n'est pas traduite et il a été totalement ignoré pendant toute la première moitié du siècle.
Au-delà de Nerval, le mythe d'Isis est sans doute essentiel pour tout le romantisme: Michelet, par exemple, le reprend au moins deux fois: dans la «Bible de l'humanité» et dans «L'amour». Bryan Juden avait déjà cité plusieurs autres textes. A. Laster souligne l'extraordinaire succès rencontré par la transposition de «La Flute enchantée» intitulée «Les mystères d'Isis».
Comme toutes les vraies thèses, celle d'A. Spickel sera, dès que soutenue, à réinscrire (ainsi que l'inscrivent désormais dans la loi, très judicieusement, les nouveaux textes sur les doctorats). C'est ce qu'on se propose maintenant de vérifier sur le travail en cours de Bernard Degout.


Communication de Bernard Degout  : «'Je veux être Chateaubriand...'» (voir texte joint)


Discussion

Plus ou moins intégrée au résumé de la communication.

 Guy Rosa


Equipe "Littérature et civilisation du XIX° siècle", Tour 25 r.d.c., Université Paris 7, 2 place Jussieu, 75005 Tél. : 01 57 27 63 68. Bibliothécaire : Mle Ségolène Liger.