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Séance du 28 avril 2001

Présents : Arnaud Laster, Claude Millet, Anne Ubersfeld, Vincent Wallez, Kris Coercks, Jacques Cassier, Pierre Georgel, Marie Tapié, Gérard Berliner, Marieke Stein, Christiane Gumilar, Denis Selem, Chantal Brière, Carine Fréard, Marguerite Delavalse, Colette Gryner, Josette Acher, Delphine Van de Sype, Sandrine Raffin.
Excusés: Françoise Chenet, Florence Naugrette, Agnès Spiquel, Olivier Decroix et Rouschka Haglund, Stéphane Mahuet, Jean-Marc Hovasse ainsi que Guy Rosa, retenu toute la journée par l’AG de l'U.F.R. consacrée aux prochaines nominations


Le groupe accueille M. Jacques Cassier, dont on a déjà présenté les entreprises hugoliennes : bibliographie informatisée, édition des fragments, également informatisée. J . Cassier a commence avec G. Rosa l’installation de la bibliographie sur le serveur du Groupe.

Informations

§         Exposition

Le Musée d'Histoire vivante, à Montreuil (accessible, précise V. Wallez, par le bus 122 ou le métro Mairie de Montreuil) présente jusqu'au 29 juillet une exposition sur Louise Michel ; on peut y voir ses textes de jeunesse et des lettres adressées à Victor Hugo.

§         Le bicentenaire

S. Raffin annonce que la Maison de la Poésie a l'intention de commémorer le bicentenaire ; elle cherche un spécialiste qui pourrait aider à l'élaboration de cette action et servir de relais.

D. Selem a proposé au Musée Tourgueniev, à Bougival (qui organise souvent des soirées littéraires ou musicales) une conférence d'une à trois journées sur Hugo et Tourgueniev, les deux écrivains s'étant côtoyés à la Société des Hommes de Lettres, et lors de luttes communes. Il serait possible d'y célébrer le bicentenaire ; Françoise Tillard, qui prépare La Esmeralda, et Pauline Viardot pourraient y participer.

A. Ubersfed signale que certaines mises en scènes de Hugo feront des tournées en France en 2002, comme le Ruy Blas de la Comédie-Française, par exemple. Il faudrait prévoir une manifestation (exposition? Série de conférences?) qui suive ces spectacles itinérants.

§         La "suite" des Misérables

A. Laster rappelle que, contrairement à ce qu'affirme la presse, François Cérésa n'est pas le premier à avoir écrit une "suite" des Misérables : aux Etats-Unis, une autre suite est déjà parue, signée Kalpakian.

§         Question aux spécialistes

Cl. Millet demande dans quel texte Hugo a déclaré qu'il refusait le principe anthologique. Personne dans le groupe ne peut lui répondre précisément ; [depuis J. Cassier a donné à C. Millet la référence souhaitée.] A. Laster suppose que c'est dans une lettre, lors d'une discussion peut-être avec un éditeur. Il se souvient avoir lu ce type de déclaration, ainsi qu'une expression de Hugo disant que tout homme dans lequel on a coupé est un eunuque, mais Hugo a-t-il pour autant fait de ce refus un principe? Probablement pas. D'ailleurs, les metteurs en scène ne respectent pas cette consigne. Pour peu qu'on précise qu'une mise en scène est une "adaptation", les coupures et modifications deviennent tout à fait légitimes.

§         Vente aux enchères

J. M. Hovasse et V. Wallez ont assisté à la récente vente à l'Hôtel Drouot, où Les Contemplations et Le Conservateur littéraire sont partis à des prix importants (500 000 ou 600 000 francs pour Le Conservateur!) La Maison de Victor Hugo, qui prépare son exposition sur "Hugo mis en scène", a acheté le Marie Tudor du souffleur (ce qui enchante A. Ubersfeld), et Bièvre, les lettres de Juliette. J. M. Hovasse a pris des notes...

            Une nouvelle vente aura lieu le 15 mai à l'Hotel Drouot, avec au catalogue un document exceptionnel : le manuscrit du Voyage au bout de la nuit!

J. Acher demande si lors de ces ventes la Bibliothèque nationale bénéficie d'une priorité pour l'achat de brouillons de Hugo. P. Georgel répond qu’elle peut évidemment exercer le droit de préemption de l’Etat ; la donation testamentaire de ses manuscrits par Hugo ouvre à la BN un droit plus large et qui ne concerne plus l’achat, mais bien la récupération de son bien.  On sait qu'il existe encore chez des particuliers des feuillets portant le cachet de Maître Gâtine –il prouve que la feuille faisait partie de l’inventaire des biens laissés par Hugo-, et la Bibliothèque nationale aurait sans doute le droit de se faire remettre ces documents cotés, puisque Hugo les lui avait légués. D’ailleurs, souvent, les détenteurs de ces feuillets ignorent quelles sont ces pièces et qui est maître Gâtine, et les restituent volontiers lorsqu'ils l'apprennent.

§         Prochaine séance du Groupe Hugo

Le 19 mai, A. Laster parlera des "Avatars d'Angelo à travers quatre livrets d'opéra" : Le Serment, de Mercadante, Angelo, de César Cui, la Gioconda, de Ponchielli, et Angelo, d'Alfred Bruneau. Il se demandera pourquoi et comment des compositeurs aux esthétiques si différentes ont pu travailler sur un même texte : ont-ils ajouté à l'œuvre les éléments qui l'infléchissaient vers leur propre esthétique, ou  est-ce plutôt l'œuvre hugolienne qui contenait en elle-même, et comme en puissance, tous ces avatars? A. Laster précise qu'il aurait besoin pour cette communication de matériel de projection, ou, au moins, d'audition.

            Danielle Castiglia-Laster parlera quant à elle des "Métamorphoses de Claude Frollo à l'opéra", depuis La Esmeralda de Louise Bertin jusqu'à nos jours.

§         Bicentenaire : appel à projets…

Guy Rosa a pris contact avec le Ministère de l'Education nationale et de la Recherche pour préparer le bicentenaire (demande d’ «action spécifique » et plus si affinités). Les responsables souhaitent connaître les propositions des hugoliens au-delà de l’objet précis de l’ «action spécifique » demandée par Paris 7 (qui concerne le financement des 3 colloques –Orsay, Cerisy, Jussieu-, de publications et du réseau pour la chronologie, la bibliographie Cassier et, le cas échéant, l’édition électronique des fragments). Guy Rosa a déjà présenté quelques idées : une intervention ès-qualité de notre Ministre, à la BNF par exemple (ses responsabilités successives font que J. Lang incarne une conjonction de la culture et de l’enseignement qui répond par elle-même à certaines préoccupations de Hugo) ; une initiative pour la publication ou la réédition des Œuvres complètes de Hugo (le contrat d’édition était passé entre Laffont et l’Université Paris 7) ; enfin, il a évoqué l'idée d’un concours national de spectacles (théâtre, lecture ou autres) à organiser aux trois niveaux des écoles, des collèges et des lycées (prix, par exemple : invitation au Festival d’Avignon pour les lycéens,  voyage à Guernesey pour les collégiens, diffusion sur A2 du spectacle des écoliers lauréats).

D'autres suggestions seraient les bienvenues ; elles doivent être orientées vers la recherche ou l'enseignement.

Comme A. Laster constate que les idées ne sont pas bien originales pour ce bicentenaire, une discussion s'engage pour commenter les projets ou trouver des idées nouvelles :

A. Laster : La Société des Amis de Victor Hugo a contacté le même ministère pour faire des propositions un peu analogues. Elle a suggéré aussi d'organiser des expositions dans les établissements scolaires, les CDI ; ces expositions, décentralisées, pourraient être en rapport avec les lieux d'implantation de ces établissements, lorsqu'il s'agit de "lieux hugoliens".

Cl. Millet : Les sections théâtrales des lycées pourraient organiser des lectures, des mises en scènes de pièces de Hugo.

D. Van de Sype : Les TPE (actions éducatives qui mêlent deux matières, le français et l'histoire, par exemple) pourraient être un bon mode d'action dans les collèges et les lycées. Le Ministère, qui édite chaque année des listes de thèmes possibles, pourrait proposer pour 2002 des sujets concernant Hugo, que les enseignants seraient ensuite libres de choisir.

A. Laster : On a proposé aussi de dresser des listes de spécialistes de Hugo qui travaillent dans les établissements du secondaire, partout en France. Les enseignants intéressés pourraient faire appel à ces collègues pour trouver des idées et organiser des manifestations.

A. Ubersfeld : Il faudrait faire figurer des œuvres de Hugo au programme des concours.

Cl. Millet : C'est fait ; Guy Rosa a envoyé une lettre à Louis Balladier. [N.G.R. : j’avais laissé un mot à Marieke Stein pour annoncer que La Légende des siècles –Ière série était mise au programme de l’agrégation –il s’est perdu dans les sables.]

A. Ubersfeld : Je crois qu'il serait bon d'envoyer dans les lycées des conférenciers extérieurs, pour éviter que Hugo n'apparaisse comme un "monstre fossile". C'est d'ailleurs le risque qu'il court si le projet de la Société des Amis de Victor Hugo est réalisé…

A. Laster : Ce projet n'est que celui de deux de ses membres, Jean-Claude Carrière et Claude Confortès, qui veulent monter un spectacle à partir des textes de combats de Hugo. Mais ce projet ne serait l'affaire que d'une soirée, il ne porterait pas à conséquences…

Cl. Millet : C'est un projet très "catéchisme", qui cherche à imposer l'image d'un Hugo bien-pensant…

Chantal Brière : Je suis pour l'idée de faire intervenir dans les classes des conférenciers extérieurs qui, en effet, "rafraîchiraient" l'image de Hugo pour les élèves.

A. Laster : Pour ce qui est des textes imposés dans des programmes de concours, je n'y suis pas favorable : ces programmes sont pesants, n'apportent rien, sinon des avalanches de publications de circonstances. C'est mortellement ennuyeux, et d'ailleurs, rien n'est pire que la contrainte.

P. Georgel : Cela permettrait pourtant de préparer des futurs professeurs capables de parler correctement de Hugo à leurs élèves…

A.Ubersfeld : Je ne suis pas sûre que la contrainte soit toujours un mal. En 1952, j'ai dû prononcer une conférence sur les Misérables, que je n'avais pas relus depuis l'âge de dix ans. Je les ai relus, et ai bien pleuré. Ce moment a été pour moi déterminant –j’espère qu’il en est passé quelque chose dans la conférence –et ailleurs depuis. Il est important de faire lire Hugo. L’agrégation ne dégoûte que d’oeuvres médiocres.

D. Van de Sype : Il pourrait être intéressant de proposer une ou deux journées sur Hugo dans les IUFM, dans le cadre de la formation permanente. Ces journées, proposées dans un cadre familier, sont plus attractives pour les enseignants que des conférences indépendantes.

A. Laster : C'est exact, le cadre traditionnel est généralement efficace ; je me souviens d'avoir organisé en 1985 une journée au CNDP, où je parlais de la mise à l'écran des romans de Hugo : elle avait intéressé les auditeurs. Pour revenir à la liste de spécialistes, elle pourrait être mise à la disposition des IUFM pour préparer ces journées…

V. Wallez : Ce type de listes intéresserait aussi les institutions culturelles, les acteurs, les metteurs en scène, qui souvent aimeraient être en contact avec des spécialistes.

A. Ubersfeld : Il faudrait cibler l'action sur les jeunes dans deux domaines en particulier : le roman, et surtout la poésie. On continue d'enseigner que la poésie hugolienne, c'est "le ronflement de l'alexandrin". C'est très ennuyeux! Mieux vaudrait profiter de bicentenaire pour présenter enfin Hugo comme l'un des grands créateurs poétiques du XIX° siècle, montrer qu'il est le premier grand novateur, avant Baudelaire ou Rimbaud. Les spécialistes le savent etle disent, mais peinent à se faire entendre!

V. Wallez : On pourrait faire connaître aux élèves les poèmes qui annoncent les formes modernes…

D. Van de Sype : Et dire, ou lire, des poèmes dans les bibliothèques municipales, qui sont des lieux gratuits, jeunes, et relativement "grand public" ; cela permettrait de toucher un public qu'on ne verrait jamais écoutant une conférence! Quitte à faire intervenir ensuite un spécialiste pour expliquer les textes entendus… D'autre part, le Ministère pourrait distribuer dans les établissements une plaquette présentant toutes les manifestations, avec dates, adresses, contacts. Et le Groupe Hugo pourrait rédiger cette plaquette…


Communication de Vincent Wallez  : «De la vie misérable de quelques gueux fameux»  (voir texte joint)


Discussion

M. Delavalse : Quelles sont les dates des premiers et derniers fragments que vous avez utilisés?

V. Wallez : Le premier fragment concernant Goulatromba est daté de 1838, et le dernier de 1868-1870, mais ce ne sont là que des hypothèses de datation, que j'ai reprises de l'édition Massin. Les fragments concernant Gaboardo sont, eux, datés de 1840 à 1874, le dernier fragment étant donné et daté par l'édition Pauvert ; il faut donc considérer cette datation avec précaution.

P. Georgel : Avez-vous fait le même travail pour d'autres personnages?

V. Wallez : J'ai réalisé un index de tous les personnages, qu'ils prennent la parole ou qu'ils soient seulement cités.

A. Laster : Travail impressionnant, et très utile!

A. Ubersfeld : J'ai relevé quelque chose de très neuf dans ce que vous avez dit, c'est la différence entre les deux personnages. Lorsqu'on lit ces fragments, on a plutôt l'impression de personnages interchangeables, placés dans la même situation et qui disent la même chose… Ces distinctions étaient très intéressantes, et pourtant, je ne vois pas Goulatromba et Gaboardo être autonomes à l'intérieur d'une fiction, figurer ensemble dans un intrigue…

            L'intérêt de votre travail est d'avoir montré deux personnages grotesques dans des situations de parole voisines, mais qui ont des réactions très différentes. Quant à Maglia, il est plutôt gueux que grotesque : le g est d'ailleurs à l'intérieur de son nom, et non à l'initiale…

J. Acher : Vous vous demandiez tout à l'heure d'où venait la phrase que vous citiez, "Mihi ille terrarum angulus ridet" ("Ce coin de terre me plaît") ; Hugo reprend cette citation dans Ce que c'est que l'exil, et l'édition Bouquins explique en note que c'est un vers d'Horace. A quel sujet le personnage dit-il ça?

V. Wallez : Dans une taverne, où il est heureux… Enormément de références littéraires nourrissent les fragments, qui sont d'ailleurs parfois des pastiches.

C. Millet : Rechercher la cohérence de ces personnages donne à ces fragments une lisibilité indéniable. Mais cela présente un inconvénient, c'est que les fragments perdent, justement, leur caractère fragmentaire, car vous en forcez la lecture, d'une certaine manière. Vous transformez des fragments dramatiques en roman des personnages!

            On pourrait tout au contraire se poser la question de l'indépendance de ces fragments dramatiques par rapport à une quelconque intrigue : quelle drôle de manière de pratiquer l'écriture dramatique que d’imaginer, comme le fait visiblement Hugo, des situations, sans aucune projection sur une fable.

            Je suis frappée par la ressemblance des fragments dramatiques et des fragments poétiques : les uns et les autres commencent in medias res, mais sont totalement clos ; ce sont des textes qui marchent vers un vers final. Une fois ce vers produit, le fragment est achevé. Les deux types de fragments obéissent à la même dynamique poétique.

V. Wallez : Pour répondre au reproche d'avoir "romanisé" les fragments, je dois reconnaître qu'à première vue tous les gueux se ressemblent dans ces extraits, et que j'ai peut-être projeté des idées personnelles dans ces personnages pour recréer leur histoire. Ainsi, j'ai peut-être vu en eux des personnages exilés parce que je pensais à l'exil de Hugo. Pourtant, je ne crois pas fabuler en pensant que ces personnages sont vraiment individualisés, et que d'autre part le mode de récit (avec retours en arrière, etc.) rapproche ici le théâtre du roman.

C. Millet : Je ne suis pas d'accord…

A. Ubersfeld : Je suis contre la romanisation des fragments, pour la simple raison que le roman ne s'écrit pas du tout de la même manière : la structure, le point de vue diffèrent, et le roman n'est tout simplement pas écrit en alexandrins!

V. Wallez : En fait je pars d'une expression de Stanislavski, "le roman du personnage" : on part d'un personnage de théâtre et on écrit son histoire.

C. Millet : Stanislavski fait du théâtre psychologique.

V. Wallez : J'ai moi-même proposé une lecture psychologique ; je sais qu'il en existe d'autres.

A. Laster : C'est de toute manière une expérience très intéressante que de traverser comme ça les Fragments, de les lier entre eux, de créer un chemin de l'un à l'autre. On peut se demander si ce serait une voix possible s'il fallait les représenter.

V. Wallez : Au cinéma ce serait possible ; on peut y trouver des séquences très courtes, comme les fragments. Au théâtre, ce serait ennuyeux.

A. Ubersfeld : Je suis très sceptique vis-à-vis d'une quelconque représentation, à cause du caractère répétitif des fragments. Des choses aussi courtes, même montrées dans leur différence, leur évolution, ne sauraient être à l'origine d'un montage, bien que votre discours ait très bien animé ces personnages.

V. Wallez : Pour les choisir, j'ai étudié les gueux, et je me suis rendu compte que ces deux-là se rencontraient onze fois…

A. Uberfeld : Mais ils ne font partie d'aucune fable organisée.

A. Laster : Si! Gaboardo est dans Angelo!

A. Ubersfeld : Mais ce n'est pas le même que celui des Fragments! César non plus n'est pas le même, et d'ailleurs il n'y a pas de g dans son nom!

A. Laster : D'Ennery a fait un mélodrame d'après l'histoire de César, qui a eu un grand succès et a inspiré un opéra, puis un film, Don César de Bazan.

A. Ubersfeld : Mais il ne partait pas des Fragments de Hugo.

V. Wallez : Je pense que Hugo a rêvé de construire une intrigue avec ces fragments, et qu’il ne l’a pas fait.

A.Laster : N’a-t-il pas cessé d’écrire des fragments au moment où il a commencé le théâtre en liberté ?

V. Wallez : L’essentiel est écrit dans les années 1850 ; une fois commencé le Théâtre en liberté, les fragments se raréfient en effet, tout comme le personnage de Goulatromba, qui disparaît presque.

A. Laster : Vous avez admirablement su donner vie et consistance à ces personnages.

V. Wallez : J’ai fait ce que font les acteurs face au théâtre moderne : face à une pièce très dépouillée, ils apportent beaucoup d’eux-mêmes.

A. Ubersfeld. Avec cette différence que dans le théâtre moderne, il n’y a pas de fable, mais une situation forte. Ici, il y a autant de situations fortes que de fragments !

A. Laster : Il pourrait être intéressant d’essayer de monter ces fragments.

V.Wallez : Ce serait possible en suivant une ligne directrice, une thématique : l’argent, l’amour…

A. Ubersfeld : Je suis frappée par l’importance du thème de l’argent dans beaucoup de fragments des années 1840 ; la thématique de l’amour, elle, est très présente dans ceux des années 1842 à 1845 ou 46.

V. Wallez : Gaboardo cherche l’amour, puis devient peu à peu lyrique. Cette évolution semble dessiner une biographie secrète et dramatisée de Hugo lui-même.

G. Rosa (de retour) : Voilà une bonne idée ! Une biographie de Hugo d’après les fragments dramatiques !

C. Millet : Ce sont des textes très riches – par exemple celui où figure la belle phrase que vous avez citée, dite par Gaboardo sur Matalogos, qu’il a vu pendre : « J’eus le regard pensif d’un veau qui pleure un tigre »…

 Marieke Stein


Equipe "Littérature et civilisation du XIX° siècle", Tour 25 r.d.c., Université Paris 7, 2 place Jussieu, 75005 Tél. : 01 57 27 63 68. Bibliothécaire : Mle Ségolène Liger.